Terrains et Climat

Le terrain est composé principalement de 3 types d’éléments, qui bien souvent se croisent
et se mélangent : l’eau, la végétation dense et les glaciers avec moraines. Quand au climat, sans cesse changeant et particulièrement difficile, il sera l'une des grandes problématiques de l'expédition.

L’eau, avec la mer, les lacs et les rivières.
C’est bien entendu le premier élément que nous allons rechercher pour assurer notre progression. A l’ouest du Hielo Continental, nous évoluerons en mer et dans les fjords qui cisèlent les montagnes de centaines de bras. Les fjords constituent un réseau labyrinthique gigantesque et il est probable que tous n’aient pas encore été parcourus. Dans ces mers, les courants - pouvant atteindre 4 nœuds - les marées, les vagues violentes et les vents rabattants seront nos principales difficultés. Il faudra savoir s’abriter en cas de tempête : pas toujours évident lorsque les côtes sont des parois rocheuses abruptes, ou que les vents se lèvent en quelques instants.

Dans les lacs et les rivières de l’est, nous aurons également à lutter contre les vents, mais les vagues et les courants seront faibles, excepté lorsque nous devrons remonter certaines rivières.


La végétation.
Elle est particulièrement torturée et entoure toutes les zones glaciaires. Elle est principalement constituée de deux types de terrain, la forêt et la steppe.

La forêt :
C’est une forêt primaire aux racines puissantes, aux branches solides et jonchée de ronciers et de plantes touffues. Elle forme un cordon (jusqu’à 600m d’altitude) presque infranchissable.

La Steppe :
Elle est surtout constituée de tourba, une couche de mousse spongieuse très profonde, dans laquelle nous pouvons nous enfoncer jusqu’aux genoux.

Ce milieu végétal, forêt ou tourba, constitue un obstacle complexe dont il nous faudra trouver les failles pour avancer.


Les glaciers et les moraines rocheuses, lacérés par les eaux et les tempêtes.
Très jeunes, ces moraines sont encore instables et peu propices aux déplacements. Quand aux glaciers, ils sont hors norme, lardés d’innombrables crevasses et séracs. Ils sont parmi les plus rapides du monde. Leurs mouvements perpétuels modifient très rapidement les surfaces, et il est impossible de prévoir à l’avance quel type de glacier nous allons rencontrer. Une seule chose est certaine, ils sont toujours très crevassés et torturés, et la progression s’apparente plus à un jeu de patience dans un dédale gigantesque qu’à de la marche en montagne.
De plus, ce terrain subit maintenant de plein fouet les assauts spectaculaires de l’actuel réchauffement climatique. Que ce soit lors des traversées obligatoires, en tirant nos kayaks, ou lors d’explorations de découvertes, ce terrain constituera la véritable zone d’exploration, tant il est encore majoritairement méconnu et il est fort probable que nous foulions là quelques endroits vierges
.
Le Climat
Le climat sera l'un des grands défis ! La région du Hielo Continental subit un climat le plus tempétueux et imprévisible qui soit. Ces montagnes constituent le premier obstacle aux vents descendant le Pacifique, sous le joug des courants remontant d’Antarctique et à seulement 400 kilomètres du fameux Cap Horn. Les vents peuvent atteindre des vitesses phénoménales, avec des accélérations étonnantes ou en tourbillonnant sans cesse.
L’humidité est particulièrement élevée, surtout entre 0m et 1000m d’altitude, et les températures subissent des amplitudes terribles, passant de - 20 °C à +10 °C en une heure à peine.

A tout moment, le temps peut changer, faisant souvent défiler les quatre saisons en une seule journée. Une instabilité encore plus flagrante en altitude, où aucune prévision n’est possible. Des conditions particulièrement éprouvantes pour les nerfs, qui peuvent aussi bien nous bloquer des jours sous la tente que nous offrir des paysages à la beauté époustouflante.

Seule une acceptation totale de ce climat hors norme permet d’envisager une expédition en ces lieux.


Les vents

Les Indiens, Yamanas ou Alakalufs, possédaient des dizaines de mots pour désigner les vents. Ils sont d’une variété et d’une richesse qui force le respect. Le plus célèbre d’entre eux, le Williwo, sera aussi l’un de nos ennemis : c’est un vent «coup de poing» qui peu passer en quelques instants d’une brise débonnaire à une tornade dépassant de loin les 150 km/h. De nombreux bateaux échoués ont en fait la pénible expérience.

Les vents, difficile à prévoir, seront un problème permanent. Les Alakalufs devaient parfois rester des semaines bloqués sur une plage lorsque les vents étaient trop violents. Nous devrons, avec nos frêles kayaks et sans la connaissance innée des natifs, être particulièrement vigilants face à ce que les Alakalufs voyaient comme un démon....
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