Sortie des équipiers de l’expédition scientifique DEEP TIME


Conférence de presse


Sortie des équipiers de l’expédition scientifique DEEP TIME


Samedi 24 avril 2021 Grotte de Lombrives 09400 Ussat


Le 24 avril à 10h30 s’est terminée l’une des plus incroyables expéditions scientifiques humaines de ces dernières années : DEEP TIME « une expérience scientifique exceptionnelle encore jamais réalisée en groupe » nous dit Christian Clot. 15 équipiers venus vivre 40 jours dans la grotte de Lombrives en Ariège, sans accès à la lumière du soleil ni aucun indicateur temporel sont sortis ce matin de la grotte, après 40 jours sous terre.


« L’annonce de la sortie a été pour les équipiers dont la plupart n’était qu’au 30ème cycle, soit 30 jours pour eux. ».

Leur dernier jour sous terre a été consacré au rangement du camp et aux nombreux protocoles scientifiques de fin de mission. Cela a aussi permis à l’équipe de commencer à se préparer, psychologiquement, à retrouver la surface. À peine sortis, après plusieurs protocoles menés dès l’après-midi, les équipiers se sont envolés pour l’ICM à Paris afin de passer les examens IRM qui permettront le comparatifs avec ceux réalisés en pré-mission.


Les buts de cette mission: comprendre l’adaptation de la plasticité cérébrale lié au temps, les impacts de la désynchronisation face à une situation nouvelle de vie et la capacité d’un groupe humain à retrouver une synchronisation fonctionnelle, lorsque plongé dans un univers totalement nouveau et en l’absence de l’un de ses repères majeurs : le temps.


« À ce jour, il n’y aucune étude qui permet de savoir ce qui se passe réellement dans nos cerveaux en situation réelle au moment où il le vit. Il y a eu peu d’occasions de mener des expériences scientifiques, dans des conditions aussi particulières que celles-ci », nous rappelle Christian Clot. « Cela nécessite des protocoles expérimentaux bien particuliers, hors des laboratoires, avec des méthodologies novatrices mais bien éprouvées » selon Stéphane Besnard, l’un des directeurs scientifiques du projet.

C’est un succès à plusieurs égards. D’une part, pendant les 40 jours, plus de 50 protocoles scientifiques ont été réalisés, de la génétique aux perceptions olfactives. D’autre part, malgré des conditions environnementales difficiles (10°C et 100% d’humidité constante, sans lumière naturelle ni indicateurs de temps), la conception de la mission a rendu la vie du groupe possible et à montrer l’évolution d’un synchronicités collectives permettant la réalisation des différents travaux de la mission. L’énergie et la volonté de Christian Clot et ses équipiers ont fait le reste. C’est ainsi qu’ils sont arrivés, ensemble, au bout de la mission avec un certain plaisir et l’envie collective de la poursuivre.


Conçue et dirigée par l’explorateur-chercheur Christian Clot pour l’Institut de l’Adaptation humaine (Human Adaptation Institute) qui a été parmi les 15 sous terre, cette mission réunit une trentaine de scientifiques d’une douzaine d’organismes, qui ont mené des dizaines de protocoles avant, pendant et après ce confinement volontaire. Neurobiologiste, éthologue, généticienne, cardiologue, psychologue et autres, ils vont étudier ce groupe aussi bien de manière individuelle (plasticité cérébrale, rythme de vie, biologie, chronobiologie émotions …) que collective (fonctionnement de groupe, synchronicité, systèmes organisationnels…).


Pourquoi DEEP TIME ?

À la suite des confinements et restrictions dus à la covid-19, qui ont plongé 70% dans des états de fatigues mentales légères ou profondes et fait perdre la notion du temps à près de 40% de personnes (covadapt, 2020), et alors que les changements seront de plus en plus profonds et nombreux dans le futur, il est nécessaire de mieux comprendre les mécanismes adaptatifs humains dans des situations réelles de vie. C’est le but des Grande Missions Adaptations, dont DEEP TIME fait partie.

Alors que les travaux conduits par le précurseur Michel Siffre ont permis de mieux comprendre les rythmes biologiques humains sur des individus isolés, cette expédition de recherche va permettre d’étudier le cerveau humain et son rapport au temps et sa plasticité face à une situation nouvelle de vie ainsi qu’un groupe mixte plutôt qu’une personne isolée, ce qui ne s’est encore jamais fait dans ces conditions. Nouvelles conditions de vie, installation sur de nouvelles planètes, travaux en conditions restreintes, et plus généralement gestion des changements profonds que les changements écologiques ou les nouvelles technologies pourraient nous faire subir sont des applications possibles des résultats des études menées au cours de DEEP TIME.

Il est nécessaire, aujourd’hui, de mener des études en situation réelle, dont les sujets sont évalués avant, pendant et après, permettant une estimation précise de leur évolution face à ces conditions nouvelles.

Un groupe mixte et non professionnel

Conduits par Christian Clot, ils étaient 7 femmes et 7 hommes de 27 à 50 ans à mener l’aventure. Choisi après un processus rigoureux, ils ne sont ni professionnels ni spécialistes des conditions difficiles, et viennent de différents milieux socioprofessionnels : responsable de communication, bijoutière, cordiste, analyste, enseignant, biologiste… Il est indispensable aujourd’hui de mener ces travaux sur des groupes mixtes, encore trop absents des protocoles scientifiques.

Pourquoi une grotte, pourquoi Lombrives ?

Plutôt qu’un laboratoire ou un bunker, un milieu naturel permet de vivre des émotions sensorielles et un rapport réel à un écosystème tout en garantissant l’absence de repères temporels. Lombrives, plus grande grotte d’Europe, permet en outre de se déplacer, d’explorer dans un vaste territoire. Des notions fondamentales pour nos capacités d’adaptation.

À l’intérieur, des lieux de vies, de sciences et d’habitats sommaires ont été installés afin de créer des conditions de vie possible, et la grotte elle-même est un terrain de découverte important.

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