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Un 8 mars plus nécessaire que jamais


Le droit des femmes, l’équité entre genres, n’est jamais acquis. Et cette dernière année a montré combien, au contraire, presque partout dans le monde quelle que soient la politique ou les religions, le droit des femmes régresse. J’écrivais l’an dernier mon espoir qu’un jour le 8 mai ne soit plus nécessaire, car la question de l’équité entre femmes et hommes ne se poserait plus. En 2023, j’ai l’impression d’écrire comme si nous étions en 1523, la grande époque des chasses aux sorcières !

Aux États-Unis, le droit à l’avortement a non seulement été totalement remis en question dans plusieurs dizaines d’états, mais l’un d’entre eux la Caroline du Sud, a déposé une loi pour punir de peine de mort une femme qui avorterait quel que soit la raison, y compris pour viol ou mise en danger de la mère ou du fœtus. L’une des deux législations les plus sévères au monde.

En Afghanistan, malgré les promesses des taliban, les lieux éducatifs se sont totalement fermés aux femmes, de même que les lieux de sport et désormais même la rue aux heures solaires. Autant dire que la vie s’est fermée aux femmes.

En Israël, les nouveaux ministres d’extrêmes droites Ben Gvir (sécurité nationale) et Bezalel Smotrich (Colonie) qui se décrit lui-même comme un « fasciste homophobe » voudraient que « le rôle des femmes redeviennent celui des origines des Textes ». Là où leurs droits n’existent pas.

Pendant que des femmes (et hommes) se font tuer tous les jours en Iran pour tenter d’abolir le port obligatoire du voile et que des femmes éthiopiennes se font violer pour oser demander la fin de l’excision, plusieurs dizaines de milliers de femmes meurent chaque année sous les coups de leurs conjoints « légitimes » (dont près de 200 en France alors qu’une loi pour rendre inéligible les personnes ayant commis des violences conjugales a été rejetée hier par l’assemblée…), et les mariages de filles de moins de 12 ans montent en flèche.

Et en France… un quart des hommes de 25 à 34 ans estime qu’il faut parfois être violent avec leur femme pour se faire respecter. En 2023 !!! (Rapport n°2023-01-23-STER-55 du HCE).

Alors oui, malheureusement, plus que jamais nous avons besoin de lutter pour le droit des femmes, le clamer bien sûr, mais surtout agir. Le 8 mai n’est qu’une date symbole. Ce sont surtout les 364 autres jours de l’année que nous devons lutter. Lutter sans relâche. Car à chaque clignement d’yeux, à chaque instant de faiblesse, c’est une femme de plus qui meurt de droits qu’elle a perdu.

Combien de fois avez-vous cligné les yeux aujourd’hui ?

Christian Clot pour Human Adaptation Institute


A lire entre autre :

- Sorcières de Monat Chollet (La découverte 2018)

- Rapport annuel 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France, Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, 2023

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