Du poids des mots....

J’ai mis un peu de temps à écrire, pour une fois sans voix face au torrent de mots et comparaisons absurdes que je vois fleurir un peu partout. Les mots ont un poids, un sens. Les faits historiques un contexte, une réalité.


Il y a ce mot, « dictature », même « la pire des dictatures ». Il y a ces comparaisons qui pousse à l’abjecte avec des « Adolf Macron » ou « Camarade Macron Staline », l’étoile jaune en code-barre ou un décret nazi qui interdisait au personne de confession juive la plupart des actes courants de vie, quelques semaines avant de leur imposer l’étoile et de les conduire dans les camps de concentration.

Ce serait cela, la France d’aujourd’hui. Peut-être même pire ! Une dictature absolue qui chercherait à éliminer sa population à coup de vaccins mortels.

Bon. Je suis pour la vaccination et contre l’obligation vaccinale en l’état. Ceci posé, car je pense qu’il faut avancer à visage découvert, je reste abasourdi du manque de recul des commentateurs libertaires. Quand même, on se regarde sacrément le nombril dans cette histoire !

D’abord en ne considérant que les décisions prises par la France sans observer ce qui se passe dans le monde, où les décisions déjà actées et discussions en la matière sont pléthores, parce que tous les pays ont le même problème : freiner la progression d’un virus qui continue de bloquer l’économie mondiale et provoque aujourd’hui des désastres en tant que maladie, mais surtout avec ses résultantes, dont près d’un milliard de personnes en plus tombées dans des situations économiques et sanitaires désastreuses. Un milliard. Dix mille morts d’enfants de plus par jour. C’est contre cela que nous luttons en premier lieu. Sur les 192 pays répertoriés, 189 ont pris face à la covid des mesures restrictives, souvent liberticide, dont 102 de confinement. 89 ont des discussions sur l’obligation vaccinale et 15 l’ont déjà imposées (et souvent sans solution alternative comme les PCR ou le fait d’avoir déjà eu la covid comme ce sera le cas en France). Oui, la covid nous a fait perdre des libertés, c’est violent, et il faut en sortir, car rien n’est pire que des pertes de liberté. Mais il faut bien mettre en place des actions qui nous permettent d’avancer.

Une France qui, par ailleurs, est le pays du monde qui a le plus soutenu sa population financièrement. Une dictature peut-être, mais qui a permis à la plupart des salariés de ne pas subir de perte de salaire, travaillant ou non. De cela, personne ne parle. 500 milliards d’aide. Ce n’est peut-être pas assez, il y a eu des laissés pour compte et c’est terrible, mais cela reste le pays qui a le plus aidé en ratio aide/population. Et bien des commentateurs ont largement bénéficiés de ce soutien, et c’est très bien, pas de discussion là-dessus. Mais pour une dictature, je trouve qu’elle prend soin des siens.

Je me passerai donc de la comparaison avec les vraies dictatures où j’ai eu l’occasion de travailler, où le simple fait de critiquer les décisions du pouvoir nous fait finir en prison, car en effet, il y a plusieurs types de dictatures. Mais nous en sommes loin. Qu’il va falloir être très vigilant à l’avenir, car terrorisme, crises sanitaires et crises climatiques risque de mécaniquement réduire les libertés, c’est une évidence. Mais plutôt que de lancer des mots dont la réalité nous échappe, il est de vraies luttes à mener : la reconnaissance du vote blanc, le référendum populaire, l’équité, et cela commence en 2022, avec un premier tour qui sera comme en 2017 très ouvert avec 22 candidats : ce choix là, ce sera le vôtre.

Et si vraiment c’est plus fort que vous, s’il est irrépressible de crier dictature, au moins cessons ces comparaisons nauséabondes avec des régimes comme celui de Staline ou d’Hitler. C’est banaliser des horreurs. Des dizaines de millions de morts. La volonté d’éradication d’un peuple. Avec une différence fondamentale : la covid est une maladie contagieuse. En être porteur peut contaminer d’autres personnes. Il n’y a pas que les morts. Il y a aussi les séquelles, qui peuvent être à long terme et chez les jeunes, dont on parle bien peu. Cela fait une sacrée différence avec une étoile jaune qui stigmatisait un peuple ou être tué pour ses seules pensées intellectuelle ;

Je ne vais pas ici réécrire mon livre « covid et après », ce post est déjà bien trop long. Il faut plus de pédagogie que de loi. J’en reste persuadé. Devoir obliger le vaccin aujourd’hui en France, que déjà 3,5 milliards de personnes ont reçu dans le monde (sans voir une hécatombe de morts…) est un échec, c’est certain. Mais ce que la solidarité collective doit offrir demande aussi à chacun de s’investir. Sinon pour lui, pour la collectivité. Car si aujourd’hui, face à la lutte contre la covid, qui a des solutions, nous crions liberté… Que ferons-nous lorsqu’il sera nécessaire de prendre des mesures drastiques contre le changement climatique. Nos libertés, là, en prendront un sacré coup. Et si nous agissions avant de de devoir interdire ?

Et si nous construisions plutôt d'invectiver sans lever la tête pour voir l'ensemble plutôt que le particulier ?

Christian Clot

À lire, Covid et après, Michel Lafon, 2020

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