• Christian Clot

A celles et ceux qui comparent masques et esclavage


Je vois fleurir de plus en plus sur les réseaux ce genre de publication, comparant porter un masque à de l’esclavage, qui me font vomir. Comment osez-vous comparer la situation en France, en Europe, où porter un masque est obligatoire dans certaines circonstances, avec des esclaves, en utilisant l’image de personnes enchainées. Avez-vous réfléchi une seconde à ce qu’est la condition d’esclave, ce qu’ont vécu les millions de personnes de la traite européenne ou moyen-Orientale et que vivent encore, aujourd'hui, des millions de personnes, dans des pays du Moyen-Orient, d’Asie ou sexuels dans le monde entier ? Je parle bien d’esclaves : des personnes à qui l’on a retiré toute identité, jusqu’à leur nom, des êtres que l’on peut utiliser comme bon nous semble, frapper, humilier, faire travailler 20h par jour et, si le travail n’est pas bien fait, à qui l’on peut couper un bras, une jambe, un clitoris , violer en étant couvert par la loi et l'usage coutumier. Des personnes qui n’ont ni le droit de parler, ni de se déplacer, ni de posséder quoi que ce soit en propre puisque tout est à leur maître, y compris leurs enfants que l’on retire aux femmes dès leurs naissances. Une vie de souffrance absolue, quotidienne et surtout, surtout, sans jamais de répits, d’apaisement, sinon la mort qui enfin vous libère ! Un esclavage qui existe encore aujourd’hui, où les mots de liberté, d’existence, d’identité, n’ont aucune signification. Rappelez-vous que, quand vous rentrez chez vous, vous enlevez votre masque et faites ce que vous voulez. Quand vous êtes esclave, vous n’avez PAS de chez vous. Vous avez un nom, une identité, une dignité humaine. Quand vous êtes esclaves, vous êtes un numéro sans aucune existence légale, assimilé à un objet. Vous avez le droit de vous déplacer et d’exprimer une opinion, ce que vous faites allégrement sur les réseaux. Quand vous êtes esclaves, vous ne savez la plupart du temps ni lire ni écrire, vous n’avez aucun papier, et le monde se limite à ce que votre maître accepte de vous laisser voir. Je pourrais continuer longtemps cette liste de l’horreur de la vie en esclavage, auquel je pourrais adjoindre les personnes vivant dans des bidonvilles et les migrants forcés, qui ne sont pas esclaves mais dont la condition est à peine meilleure.

Alors oui, on a le droit d’être anti-masque, de discuter les restrictions, de considérer que la covid-19 a bon dos pour imposer des mesures trop restrictives. C’est un droit, une liberté et un débat sain dans une démocratie. Mais gardons la mesure du réel. Car en comparant votre situation à de vrais esclaves, vous leur enlever le seul minuscule droit qu’ils possèdent. Celui de ne pas banalisez leur existence. Vous les assassinez une seconde fois ! (PS, si vous doutez, je propose sincèrement à celles et ceux qui publient ce genre de comparaison entre masque et esclavage de venir avec moi dans une prochaine mission. Je vous promets que vous ne direz plus jamais cela !)

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