• Christian Clot

Des implants pour augmenter le cerveau : en avons-nous vraiment besoin ?


Un nouvel implant pour la mémoire : c’est fait. Est-ce une bonne chose ? La question se pose. Certes, l’idée intellectuelle est séduisante : Stabiliser, voir améliorer les capacités mémoires en cas de troubles neurologiques peut rassurer. Deux problèmes se posent cependant. D’une part, alors que la mémoire est un processus encore mal connu, comment s’assurer que ces mémoires ciblées ne vont pas finalement réduire le spectre mémoriel, en augmentant certains types de mémoire au détriment des autres ? Bien plus grave, la course à la recherche sur ce type d’implant, totalement incontrôlée, va continuer autant pour « augmenter » certaines fonctions cognitives, séduisant en un sens, que pour « manipuler » d’autres fonctions. Tout devient alors possible.

A l’heure actuelle, aucune régulation n’est prévue et, si l’Europe y réfléchit en effet, elle est bien seule face au USA, à la Chine et autres. Réguler, c’est perdre pied face à eux. Ne pas réguler, et c’est accepter à la course à la déshumanisation plus ou moins lente.

Face à la montée de l’AI, d’aucun pense que l’augmentation de nos capacités est une nécessité. Je suis d’accord. Mais nous avons les capacités pour le faire dans un premier temps par nos seules aptitudes cognitives : par une éducation mieux ciblée et plus efficace et par un changement de paradigme sur manière de voir le changement et la formation continue. Mais plus encore, nous devons développer des budgets pour améliorer la recherche sur le cerveau dans ses fonctions réelles, soit dans une vie réelle, et pas seulement en laboratoire et majoritairement sur des animaux. Car trop de recherche cible tellement leurs prismes, en supprimant tellement de paramètre, que nous pourrions avoir de très grosses surprises au moment de mettre en œuvre au quotidien les résultantes de certaines d’entre elles.

Soutenons la recherche cognitive intégrative en situation réelle. Car nous avons beau avoir bien des similitudes, notre cerveau n’est ni celui d’une souris, ni d’un singe, et il ne fonctionne pas isoler dans une salle blanche.

Christian

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